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27 févr. 2012

Numéro 6 - Démystifier la sexologie


Je me présente, Mélissa Santos, stagiaire en sexologie au regroupement Entre-Mamans. Un peu vague comme présentation? J’en conviens. Pour saisir mon rôle, d’abord faudrait-il bien comprendre ce qu’est la sexologie. Malgré sa croissance, ce domaine est malheureusement encore la cible de biens des préjugés. La sexologie est en fait  une science qui étudie la sexualité humaine dans sa globalité, incluant entre autres les aspects psychologiques, sociaux, culturels et biologiques de la sexualité. Ainsi, elle touche une panoplie de sujets tels que le développement sexuel, les relations de couple, l’érotisme, les comportements sexuels, les infections transmises sexuellement, la grossesse et l’accouchement, la contraception, les formes de sexualités atypiques, et bien d’autres. 

Pourquoi faire un stage chez Entre-Mamans ? Car le domaine de la sexologie et celui de la périnatalité se marient à merveille! En effet, cette formidable aventure qu’est la parentalité met souvent un couple à l’épreuve. Entre les couches, les repas, l’allaitement, les dodos, les pleurs de bébé, le travail, le ménage, les activités avec bébé, les courses, etc. (Ouff!), il ne reste souvent plus beaucoup de temps pour un moment entre amoureux. D’autres motifs tels que les douleurs, les nouvelles rondeurs (tout à fait saines) amenées par la grossesse, la fatigue, etc., peuvent constituer des obstacles aux rapprochements dans le couple. Mettre son couple sur « pause » pendant la grossesse et/ou après l’arrivée de bébé est une réaction tout à fait humaine. Toutefois, même si la sexualité est votre dernière préoccupation du moment, rappelez-vous qu’il est important de préserver la relation amoureuse qui vous lie à votre partenaire, et pas seulement celle que vous entretenez en tant que parents. Vous garder des moments d’intimité vous aidera  à passer aux travers des moments plus difficiles, mais aussi à apprécier les plus heureux !

Si vous désirez discuter ou poser des questions sur les sujets qui vous tiennent à cœur ou qui vous préoccupent, et ce de façon confidentielle, venez me rencontrer à l’organisme Entre-Mamans. Des rencontres individuelles de relation d’aide sont offertes. Vous pouvez aussi me contacter par courriel pour toute question en lien avec la sexualité, au Sexologie_entremamans@hotmail.ca
 
Mélissa Santos

Numéro 6 - Témoignage : Le suivi de grossesse par une sage-femme


Au Québec, les statistiques disent qu’il y a cinq demandes pour une place; je m’estime donc très chanceuse d’avoir pu être suivie par une sage-femme pendant ma grossesse, un suivi qui me paraissait plus humain, plus doux, plus naturel, plus respectueux. Mon expérience a confirmé tout cela.

Je ne suis bien sûr pas en mesure de comparer personnellement ce suivi avec un suivi médical classique, mais voici pourquoi j’ai fait ce choix et comment s’est déroulé ma grossesse avec ma sage-femme (Amaili, du CSSS Jeanne Mance) :

- Il s’agit d’un suivi que l'on choisit volontairement, après avoir assisté à une réunion d'information et donc décidé si c'est ce qui nous convient le mieux ou non.
Si la sage-femme qui nous est “assignée” ne nous convient pas pour diverses raisons, on peut aussi demander à être suivie par quelqu’un d’autre.
À noter qu’elles fonctionnent en binôme, et juste au cas où la seconde sage-femme serait de garde le jour J, on la rencontre toujours avant l’accouchement.

- Si un "problème" survient à n'importe quel stade de la grossesse, on vous transférera vers un suivi par un médecin, par exemple en cas de diabète, d'hypertension ou de grossesse multiple.

- Normalement quand on est suivie par une sage-femme, on accouche chez soi ou à la maison de naissance où elle exerce. Le CSSS Jeanne Mance n’ayant pas encore de chambre de naissance, j’avais le choix entre accoucher chez moi ou à l'hôpital St Luc, où 2 chambres sont réservées en permanence. J’ai choisi l’hôpital.

- Le suivi lui-même consiste en un rendez-vous d'une heure avec sa sage-femme attitrée, au début toutes les 6 semaines puis de manière de plus en plus rapprochée au fur et à mesure que la grossesse avance. Rendue à 37 semaines, on se voit une fois par semaine.
Ces rendez-vous permettent d'établir un vrai contact avec cette personne, toujours la même donc, à qui vous pouvez poser toutes vos questions, avec qui vous pouvez discuter de tous les aspects de la grossesse (physiques et psychologiques), de l'accouchement, de l'accueil du bébé, etc.
Elle procède aussi à chaque fois à un examen clinique (prise de tension, écoute du cœur du bébé, etc.) mais il n'y a pas d'examen gynécologique systématique, seulement un contrôle effectué vers 4 ou 5 mois de grossesse, et d'autres seulement en cas de problème ou signes d'une naissance prématurée éventuelle.

- En dehors des rendez-vous, il y a un système de garde, ainsi il y a toujours une sage-femme de l'équipe disponible, quel que soit le jour et l’heure. On peut l'appeler en cas d'urgence bien sûr, mais aussi pour une douleur ou une inquiétude... C’est drôlement plus rassurant et efficace que le 911!

- Le principe des sages-femmes est de faire confiance aux mères pour savoir quoi faire. Ainsi, les réunions prénatales consistent davantage en une discussion plutôt qu’en un "mode d'emploi" ferme et définitif. D'ailleurs, personne n'est obligé d'assister à ces réunions, on fait comme on veut : il y en a 4 en tout et on peut tout aussi bien aller à aucune d’entre elles ou juste à celles qu'on veut!

- On a de toutes façons le choix pour à peu près tout : dépistages divers, échographies, rien n'est imposé (sauf s'il faut s'assurer de quelque chose évidemment); notre sage-femme nous explique à chaque fois qu'à ce stade de la grossesse, c'est le moment de faire ceci ou cela, on en discute et on décide si on le fait ou non. Pour les examens qu'elle ne peut pas faire elle-même, elle écrit les prescriptions.

- Si tout se passe bien lors de l'accouchement, on ne voit même pas le personnel de l'hôpital, seulement la sage-femme, ainsi qu'une seconde qui vient l'aider (en fait il y en a une pour le bébé et une pour la maman), puis une aide-natale qui vient aider aux premiers soins du bébé, à démarrer l'allaitement, à rassembler nos affaires pour rentrer à la maison, à bien installer bébé dans le siège auto, etc.
En cas de problème au moment de l'accouchement, l'équipe médicale de l'hôpital prend bien entendu le relais des sages-femmes (c'est pourquoi j’ai personnellement trouvé plus rassurant d'accoucher à l'hôpital, en cas de problème, on gagne le temps du transport).

- Pour l'accouchement tout est orienté vers "le plus naturel" possible, c'est-à-dire avec le moins d'interventions : pas d’épidurale, pas d'épisiotomie, pas de forceps ou ventouse, évitement de la césarienne autant que possible (à 34 semaines la sage-femme vérifie que le bébé est bien la tête en bas et si ce n'est pas le cas, ou s'il se retourne à nouveau, il y a des exercices à faire pour qu'il se mette dans la bonne position).
Dans la même optique, et toujours sous condition que tout se passe bien, on pratique le peau à peau immédiatement : le bébé est mis sur la poitrine de la maman dès sa naissance, sous des couvertures pour le réchauffer, et on attend un peu avant de couper le cordon.
La sage-femme procède ensuite au test d'Apgar et autres vérifications d'usage puis la première mise au sein (si on a décidé d'allaiter, là encore c'est nous qui choisissons) se fait dans la première heure de vie du bébé.

- Après l'accouchement à l'hôpital, on a 12 heures pour rentrer à la maison, ce qui semble rapide mais finalement si tout le monde va bien, c’est bien agréable de quitter l'hôpital pour être tranquillement chez nous.

- Dernier point très avantageux du suivi par sage-femme : maman et bébé bénéficient d'un suivi post-partum de 6 semaines.
La sage-femme vient ainsi nous visiter à la maison le jour même ou le lendemain de la naissance puis encore au 3e et au 5e jour. Ensuite nous allons la voir une fois par semaine jusqu'à ce que le bébé ait 6 semaines. Cela permet de vérifier que tout se passe bien pour les deux au niveau physique et psychologique, et d'aider éventuellement à l'allaitement, aux soins etc. si on est paniqués. Là encore, pendant ces 6 semaines on peut l'appeler 24h/24, 7 jours/7.

Pour plus d’informations et la liste des maisons de naissance au Québec, vous pouvez consulter le site de l’Ordre des sages-femmes du Québec : http://www.osfq.org/

Marlène Weil-Masson

Au Québec, les femmes ont accès gratuitement à des services de sage-femme depuis 1999.

Aujourd’hui au Québec, 25% des femmes désirent accoucher en dehors du milieu hospitalier. Seulement 2% d’entre elles seront suivies par des sages-femmes.

Numéro 6 - Ce qu’on peut offrir de mieux...

Comme tous les parents qui ont longtemps rêvé leur famille, je désire que mes enfants ne manquent de rien et aient les meilleures conditions possibles pour réussir leur vie et trouver le bonheur.  Je voudrais leur donner ce qu’il y a de mieux : de l’amour, une bonne éducation, un milieu de vie sain, une alimentation équilibrée… et jusqu’à tout récemment, bien que rien ni personne ne soit parfait, j’étais relativement satisfaite du résultat.  

Puis, un soir comme tous les autres, je me suis assise devant le Téléjournal et j’ai entendu Hubert Reeves décréter que si les comportements de l’humanité ne changeaient pas très vite et radicalement, on pouvait craindre une nette détérioration de la qualité de vie humaine, sinon carrément la disparition de l’humanité, et cela dans quelques décennies !  Voilà une donnée qui annihile tous mes efforts pour assurer une certaine qualité de vie à mes petits mousses.

Et hop, une crise existentielle !   
  
Bien sûr, j’avais déjà entendu et lu ce discours auparavant, mais jamais avec cette adorable petite cocotte de deux mois qui dormait dans mes bras, abandonnée, en confiance.  Jamais en me demandant si mes enfants auraient aussi la chance, un jour, de connaître le bonheur infini de tenir leurs enfants dans leurs bras.

En tant que maman, j’ai déjà dû changer certains de mes comportements pour en adopter d’autres préférables pour l’éducation de mes enfants.  Ça m’a été difficile, mais j’y suis arrivée.  Mais faire changer les comportements de sept milliards d’êtres humains ?  Et ce en quelques décennies ?  C’est impossible, mais malgré tout, relevons-nous les manches !

Je sais bien que  le point de vue d’Hubert Reeves est contesté et que certains le qualifient de sensationnaliste.  Il n’en demeure pas moins qu’une grande majorité des environnementalistes croit que d’ici la fin du siècle nous connaîtrons un réchauffement planétaire de 1 à 6 °C[1], ce qui ferait disparaître plus de 20% (on va même jusqu’à 70%[2]) des espèces animales et végétales.  Nous ne pouvons pas laisser une planète à ce point abîmée à nos enfants !  Il est peut-être temps de revoir nos priorités...  Nous pouvons nous passer du dernier téléphone intelligent en vogue, ils peuvent se passer de la dernière console de jeux vidéo et de la dernière bébelle à la mode, mais personne ne peut se passer de boire, de manger, de respirer.

Je me suis donc dit que je pourrais commencer par rendre mon foyer plus vert, et qu’ensuite il serait encore temps de chercher d’autres façons de m’impliquer, de prendre part au virage vert…

En terminant, je tiens à dire que je ne me considère pas comme une championne de l’écologie et je suis consciente qu’il me reste tout à faire pour le devenir.  Mais, après tout, que ne sommes-nous pas prêts à faire pour offrir ce qu’il y a de mieux à nos enfants ?

Catherine Durand
 
[1] Source Wikipédia : « Pour les climatologues regroupés au sein du GIEC, l'augmentation des températures devrait se poursuivre au cours du XXIe siècle. L'ampleur du réchauffement attendu le plus probable est de à 1,8 à 3,4 °C. L'ampleur du réchauffement prévu est incertaine ; les simulations tiennent compte :
  • des incertitudes liées aux modèles (voir plus haut) ;
  • des incertitudes sur le comportement de l'humanité au cours du XXIe siècle.
[2] Source : Wikipédia : « Environ 20 à 30 % des espèces évaluées à ce jour sont susceptibles d'être exposées à un risque accru d'extinction si l'augmentation du réchauffement mondial moyen dépasse 1,5 à 2,5 °C (par rapport à 1980 - 1999). Avec une augmentation de la température mondiale moyenne supérieure d'environ 3,5 °C, les projections des modèles indiquent des extinctions (de 40 à 70 % des espèces évaluées) dans le monde entier. »

28 nov. 2011

Numéro 5 - Témoignage : Le Noël de Charles-Edward

Le mois de Noël

Depuis que j’ai des enfants, le mois de décembre signifie le mois de ‘’Noël’’. La fête magique remplie de cadeaux, de décorations dans la maison, de la visite qu’on ne voit pas souvent, du sapin qui brille dans le noir et de la fameuse musique qu’on fait jouer seulement durant cette période de l’année! ‘’La plus merveilleuse journée’’ comme dit mon fils Charles-Edward! Il adore cette fête ou plutôt, en rêve 365 jours par année! Il en parle à l’école, à la maison et il a même fait une chanson en hommage à Noël!

Le Père Noël du centre d’achats

À chaque année nous devons aller voir LE Père Noël du centre d’achats, le vrai. Pas celui de la parade sur la rue Ontario qui remplace le vrai parce qu’il est fatigué, non, celui qui connaît Charles-Edward!
Juste un petit conseil : avant d’aller voir le Père Noël, faites un double de la liste de votre enfant! Charles-Edward et mon autre fils, Louis-Martin étaient en file pour aller voir le Père Noël et rendu à leur tour, après avoir fait leur demande de cadeaux, le lutin a pris la liste de Charles-Edward et l’a mise dans le traîneau avec les autres listes. J’avais beau lui faire des signes pour qu’il ne prenne pas la fameuse liste mais non, le mal était fait! Le problème, c’est que je ne savais pas du tout ce qu’il y avait dessus. Quand j’ai demandé à mon fils ce qu’il y avait sur la liste, il m’a répondu: ‘’Maman, le Père Noël a la liste, il sait quoi me donner’’. Il faut lui donner ça, il est très logique! Par chance, en arrivant à la maison il a refait une liste avec d’autres jouets dessus et il m’a demandé de retourner voir le Père Noël pour lui donner sa nouvelle liste. Disons que j’ai sorti la fameuse phrase que le Père Noël est comme maman,
il sait tout! Il m’a cru...fiouf!

Premier bricolage

Quand il était plus petit et qu’il allait à la garderie, il faisait toujours le même bricolage au Père Noël. Il découpait des images de jouets dans des catalogues et les collait sur une feuille de papier couleur. Bricolage qu’on peut penser sans conséquences pour les enfants mais ce ne fut pas le cas pour lui, bien au contraire. Quand il s’est rendu compte que les jouets étaient dans des catalogues il s’est mit à découper les images des jouets sans arrêt, à les classer par catégorie et à les coller sur des feuilles de différentes couleurs selon les catégories. Il s’est fait sa liste, sa précieuse liste de jouets. Ce n’est
pas que ça dérange, cette fixation de la ‘’liste’’ mais c’est tout ce qui vient avec qui est essoufflant. Charles-Edward n’est pas un enfant comme les autres. Mon garçon d’amour est autiste.

La filière de Noël

Mon fils a dans sa chambre une filière ‘’Noël’’. Toutes les découpures de catalogues de jouets y sont rangées. Il commence à faire sa liste dès que les catalogues du temps des fêtes sortent. Nous avons reçu cette année, un catalogue avec plein d’idées cadeaux de Noël à la fin août, imaginez la frénésie de mon fils! Le compte à rebours est commencé! Et voilà mon Charles qui se lance dans le découpage et le triage des jouets du catalogue! On a beau dire ou essayer de lui expliquer que ce n’est pas juste ça Noël mais comment le lui faire comprendre? Son cerveau ne fonctionne pas comme tout le monde et ne fonctionnera jamais comme tout le monde. Il a une fixation, une passion et c’est Noël.

La carte virtuelle Sympatico

J’ai découvert il y a deux ans la carte virtuelle du Père Noël Sympatico. Le parent entre les infos sur l’enfant et hop, le Père Noël attend l’enfant dans son salon au Pôle Nord et lui parle en direct! Charles-Edward est fasciné car ça vient confirmer le fait que le Père Noël a lu sa lettre et se souvient de lui! Vive la technologie! Le seul problème est que mon fils est tellement fasciné par la carte qu’il m’en parle souvent! Espérons que le site va continuer à offrir ce service, je croise les doigts!

Le 24 décembre au soir

Nous donnons les cadeaux aux garçons le 24 au soir mais pas ceux du Père Noël, eux c’est le 25 au matin! Charles-Edward laisse le lait et les biscuits le soir pour le Père Noël et veut à chaque année réussir à l’attraper. Il se fabrique un piège à Père Noël et attend que celui-ci s’y prenne! Je me demandais comment il avait eu cette idée et c’est mon grand qui m’a montré un film qui passait à la télé dans lequel un petit garçon faisait la même chose. Charles-Edward croit tout ce qu’il voit à la télé et doit le reproduire. Plus de Télétoon dans la maison, que le canal Disney et Télé-Québec pour lui comme ça, c’est plus sécuritaire pour nous et le Père Noël! L’année passée, mon frère a acheté des Lego aux garçons. Mon grand s’est installé par terre dans le salon, a ouvert la boîte et a demandé de l’aide pour monter son bateau mais pas Charles- Edward. Il est allé dans sa chambre, a regardé la boîte et a construit tout seul ses affaires. Il était assis parmi ses nouveaux jouets qui trainaient un peu partout et se concentrait sur certaines parties de ses bonhommes et de ses véhicules. C’est comme ça, il va fixer sur les roues ou sur un objet en particulier.

Le 25 décembre au matin

Le Père Noël est passé! Plus de lait et de biscuits mais pas de Père Noël dans le piège, Charles-Edward était déçu! Il reprend un beau sourire quand il voit les cadeaux avec une note le remerciant de lui avoir laissé les biscuits et le lait mais que le piège n’était pas une bonne idée car il devait aller voir tous les enfants, pas juste lui. On espère qu’il a compris, faut juste pas qu’il voie encore le film! Le soir, à l’heure du rituel des trois berceuses, Charles me regarde et me dit doucement; ‘’Moi j’aime Noël...il reste combien de jour avant Noël prochain’’?! Eh voilà, ça recommence!

La ‘’différence’’

Charles-Edward est différent, il vit dans son monde. Un monde fascinant rempli de joie. Il n’est pas triste, il ne comprend juste pas comment fonctionnent les
gens autour de lui. Il se replie dans son coin, met des écouteurs pour aller au cinéma, se choque et frappe quand il ne comprend pas les réactions des autres, communique par des mots et des phrases qu’il a appris, ne sait pas ce qu’est une rime, a un sens de l’humour bien à lui et j’en passe. Il se fait regarder comme si il était un extra-terrestre parfois. Je me suis déjà même fait dire qu’il était trop gâté, que ce sont des réactions de petit roi. J’ai appris avec mon fils à ne plus juger, à ne plus me fier à ma première impression. Je sais ce que c’est d’avoir un enfant qui doit absolument suivre le même chemin quand on va se promener, un enfant qui part à courir après un chat dans la ruelle parce qu’il aime les chats mais qu’il ne voit pas le danger, un enfant qui peut de déshabiller dehors parce que ses vêtements le dérangent lorsqu’il a chaud. Mon fils a presque 7 ans aujourd’hui et il n’est pas triste mais heureux, il n’est pas méchant, il ne sait juste pas comment communiquer, il est tout simplement différent de la normalité. Mais qu’est ce que la normalité? Pour nous, Charles-Edward est tout simplement Charles-Edward et on l’aime comme ça.

Cathie Desrosiers

8 sept. 2011

Numéro 4 - La rentrée à la maternelle

Maman de deux enfants dont un qui sera en 2e année et la plus jeune débutera sa maternelle à l’automne, j’ai vécu les rentrées à la maternelle de mes deux enfants de façon différentes. 

Tout d’abord pour mon aîné, il y a eu un changement d’école dû à un déménagement, donc aucun point de repère.  Le premier jour, nous entrons dans l’école et sommes invités au gymnase où les professeurs et les éducatrices arrivent et nomment les enfants. Chaque professeur a une éducatrice attitrée ce qui crée un lien de confiance entre le personnel et les parents.  Les premières journées se font par petit groupe et par demi-journées.  Les enfants inscrits au service de garde y sont accueillis avec le sourire et dans la bonne humeur.  Pendant les 3 premiers jours, les enfants ne vont à la maternelle que des demi-journées (le matin ou l’après-midi) et à la 4e journée, ils font une journée complète avant de débuter pour de bon après la fête du travail.  Dans mon cœur de maman, il est agréable de voir son fils grandir mais en même temps, un peu de tristesse de le voir grandir si vite.

Pendant que mon aîné débutait sa vie dans le monde scolaire, ma plus jeune était à la garderie.  Pour elle, le début de l’année fut difficile car son frère n’était plus avec elle mais elle s’est fait de nouveaux amis et a appris à s’épanouir sans l’aide de son frère. 

Deux ans ont passé et le temps est venu d’inscrire ma fille à la maternelle, chose qui fut faite en janvier 2011.  L’ayant avisée de son inscription, elle avait très hâte d’aller à l’école;  elle m’a même demandé de compter les dodos!  En juin 2011, le temps de la garderie était fini. Maintenant on joue dans la cour des grands en allant au camp de jour. Ce fut une expérience enrichissante pour mon enfant puisqu’elle a appris à vivre en grand groupe et à partager plein d’activités adaptées à son âge.  Maintenant, nous sommes rendus en août et le temps de la rentrée approche à grand pas.  Ma fille à bien hâte et est un peu excitée de faire comme son grand frère,  c’est-à-dire aller à l’école.

Je suis sûre que son intégration se fera très bien puisque cela fait deux ans que nous allons reconduire son frère. Elle connaît donc bien les éducatrices et les professeurs qui s’occuperont d’elle mais elle est quand même un peu anxieuse.  Mon cœur de maman est plus léger, car je sais que mon enfant sera entre de bonnes mains.
Sylvie Dufresne

  • Cette année, selon le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, 466 000 enfants font leur entrée en primaire et  87 000 commencent la maternelle

15 août 2011

Numéro 3 - PRÉMATURÉment Maman

Lorsqu’on apprend qu’on est enceinte, qu’on voit les lignes apparaître dans la fenêtre du test de grossesse, on vit un moment magique, indescriptible. Ce qui nous arrive est énorme, on n’ose à peine y croire et il nous faut quelques jours pour nous rendre compte que l’on va être maman, qu’un petit, tout petit être grandit en nous et que notre vie change à jamais.

Vient alors l’angoisse du premier trimestre, la peur de mal faire et de perdre le bébé. Certaines vivent dans cette peur  presque constante quand d’autres, au contraire, font comme si de rien n’était et continuent à vivre comme avant, peut-être un peu plus modérément.
À l’entame du deuxième trimestre, on est plus sûres de nous, on en a parlé à la famille, aux amis et de toute façon, étant donné qu’on ne rentre plus dans nos pantalons et qu’on se sent déjà énormes, tout le monde est au courant. C’est une période de transition qui n’est pas évidente à vivre pour tout le monde. Pour ma première grossesse par exemple, à 4 mois, je ressemblais un peu à une baleine, non pas que mon ventre ait été particulièrement proéminent mais j’avais littéralement élargi et pris une forme proche de celle de la poire. Pour mon deuxième enfant par contre, personne ou presque ne s’était rendu compte de rien au même stade. Certes, mes amis trouvaient étrange que je refuse la bière de l’apéritif mais, bien camouflée par mon manteau d’hiver, la grossesse pouvait presque passer inaperçue. Mais pas pour longtemps!

C’est alors que vient le temps où l’on en profite vraiment, où l’on est fière d’arborer ce « gros ventre », cette bosse pleine de vie qui, à peine mentionnée, nous fait sourire jusqu’aux oreilles. C’est aussi à ce moment-là que de nombreuses femmes prennent véritablement conscience que le grand moment, le jour J, n’est plus si loin. Certes, on y pense tout au long de la grossesse, se demandant si on souhaite allaiter, si on sera capable de supporter la douleur, si le médecin qui nous a suivie sera présent à l’accouchement, etc. Mais, à moins de risques ou d’antécédents particuliers, à aucun moment on n’imagine d’autre scénario qu’un accouchement naturel aux alentours de la 40ème semaine, en présence du futur papa. C’est un moment qui s’apparente un peu au mariage, que l’on vit maintes et maintes fois en pensée et qu’on idéalise forcément. Et c’est précisément ce moment que la naissance d’un enfant prématuré chamboule et rend presque « irréel ».

Lors de ma première grossesse, j’ai accouché une dizaine de jours en avance, de manière tout à fait naturelle et normale (s’il existe une normalité de l’accouchement), en présence de mon conjoint.
Ma seconde grossesse se passait parfaitement, j’entamais le 7ème mois lorsque je commençai à ressentir des contractions de plus en plus fréquentes et douloureuses, qui continuèrent d’aller et venir, se rapprochant, s’éloignant, gagnant ou perdant en intensité. Plus tard, elles se firent plus fortes et se mirent à ressembler à de vraies contractions de travail. Je vous passe les détails graphiques pour passer directement à l’arrivée à l’hôpital, à l’accouchement par césarienne d’urgence et à la naissance de mon petit gars, le tout en moins d’une heure.
Précisons que tout cela s’est déroulé au beau milieu de la nuit et qu’étant donc allée à l’hôpital seule, en taxi, j’ai accouché « en mère célibataire », attachée à une table d’accouchement sous les encouragements du personnel soignant…

Heureusement, tout s’est bien passé (à quelques minutes près) et bébé est venu au monde à 32 semaines. J’avoue que, un peu plus d’un mois après les événements, je ne me rends toujours pas compte de ce qui s’est passé cette nuit-là. Quand je vois mon p’tit bout, que je le prends dans mes bras, il m’est difficile de croire qu’il devrait théoriquement toujours être dans mon ventre, bien à l’abri en train de grandir.
C’est bien là quelque chose à quoi on n’est absolument pas préparée mais qui peut arriver à n’importe qui, n’importe quand. Un accouchement par césarienne n’est déjà pas ce dont on rêve en tant que future maman : on appréhende cette affreuse cicatrice qui paraîtra pour toujours et nous donnera l’impression d’être la créature du docteur Frankenstein (on a toujours tendance à exagérer dans ces cas-là!). Mais lorsque cette césarienne est une question de vie ou de mort pour l’enfant et nous fait basculer dans un monde totalement imprévu et inconnu de manière brutale, rapide et si prématurée, c’est encore pire.

Après l’accouchement donc, c’est le flou total. Le bébé est emmené directement par l’équipe médicale (un p’tit bec pour la route tout de même) et on se retrouve seule à se demander ce qui se passe. La réalité commence doucement à nous rattraper, on se rend compte que le bébé est né, qu’il est en train de recevoir des soins parce qu’il est né trop tôt, beaucoup trop tôt. Dans l’impossibilité de le voir, on tourne en rond (façon de parler…) et  on commence à se poser des questions : pourquoi est-il né aujourd’hui? Que s’est-il passé? Qu’est-ce que j’ai fait pour que ça arrive? Toutes sortes de questions qui ne trouvent pas forcément de réponse. La culpabilité s’installe, qu’on le veuille ou non, et les quelques heures que l’on doit attendre pour revoir notre bébé n’aident pas.
Puis, ça y est, on peut enfin aller voir bébé! Et là, comme si cela ne suffisait pas, on vit un autre instant traumatisant, celui de découvrir son enfant dans un incubateur, relié à toutes sortes de machines qui émettent des signaux divers que l’on ne comprend pas et qui nous font d’autant plus peur. Dans mon cas, heureusement, bébé n’a jamais eu besoin d’assistance respiratoire mais était tout de même « branché » de manière à surveiller ses signes vitaux. Il avait aussi un affreux tube dans le nez pour le gaver, terme que j’ai du mal à utiliser tellement il s’apparente aux oies et à la fabrication du foie gras… Passé le choc initial, on prend le temps de découvrir son enfant, de l’admirer et au bout d’un moment, on arrive presque à faire abstraction de tous les fils qui entrent et sortent de ce petit corps. On aimerait le prendre dans nos bras, l’allaiter normalement mais c’est impossible pour l’instant, il faut encore attendre que bébé soit plus fort. Cependant, il y a toujours une infirmière qui, nous voyant la larme à l’œil – ou carrément en larmes – devant l’incubateur, a pitié de nous et nous propose de prendre bébé en « peau à peau » et ainsi de recharger quelque peu les batteries et de nous remonter le moral.
Le personnel de l’unité de néonatalogie joue d’ailleurs un rôle clé dans le déroulement du séjour prolongé de bébé à l’hôpital. Il faut malheureusement vivre une telle expérience pour se rendre compte du travail effectué par les infirmiers, infirmières et pédiatres de ce service. Leur soutien et leurs encouragements, les petits « trucs » qu’ils nous donnent et le vécu qu’ils partagent avec nous ont une valeur inestimable et aident énormément les nouveaux parents que nous sommes à traverser l’épreuve des aller-retours quotidiens, du tirage de lait sans bébé à domicile, du questionnement perpétuel qui nous fait douter, nous décourage même par moment. Grâce à ces hommes et ces femmes présents en permanence aux côtés de notre bébé, nous grandissons avec lui et apprenons à nous connaître de manière plus sereine et pleine d’assurance. Et bizarrement, lorsque le jour de la sortie arrive, on se dit « déjà? » car on était en quelque sorte entrés dans une routine dont on sort tout de même avec joie!! En effet, la sortie de l’hôpital est magique mais aussi apeurante car nous voici désormais seuls, laissés à nous-mêmes avec ce petit être qui nous paraît encore bien fragile. Mais détrompez-vous, les enfants prématurés sont bien plus forts qu’il n’y parait et ont bien des choses à nous apprendre. Ils sont pleins de courage, de détermination et font preuve d’une envie de vivre incroyable. En tant qu’adulte, on se plaint de broutilles au quotidien, on n’est jamais satisfait et ces petits bouts nous donnent une véritable leçon de vie! À méditer…

Céline Richert

Je tiens à remercier tout particulièrement l’équipe du service obstétrique de l’hôpital Saint-Luc qui m’a si bien accueillie lors de mon accouchement et plus encore les membres de l’équipe de néonatalogie qui ont pris soin de mon fils avec tout leur savoir-faire et leur amour. MERCI, MERCI À VOUS (Marjolaine, Pascale, Audrey, Francis et tous les autres)

Ressources : http://www.premaquebec.ca/default.php
Le grand livre du bébé prématuré, 2ème édition, Sylvie Louis, Éditions Enfants Québec

  • Au Québec, 8,1% des bébés naissent prématurés, soit avant 37 semaines de grossesse (2006-2007)

Numéro 3 - Devenir maman… et redevenir femme

Au cours de la grossesse, on nous appelle "future maman" mais plus généralement "femme enceinte". Nous sommes donc des femmes qui, malgré un choix restreint de boutiques spécialisées et les changements de notre corps, arrivent encore plus ou moins facilement à avoir une tenue qui a de l'allure. En trouvant les bonnes coupes, on peut même mettre des vêtements normaux (robes, tuniques, chandails...) – de quoi ne pas se sentir encore complètement dans un autre monde. Une femme enceinte va encore généralement au travail, au cinéma, au restaurant, bref elle profite des derniers mois à deux! Enceinte, on se maquille toujours, on peut aller chez le coiffeur, chez l'esthéticienne, et même notre conjoint peut nous chouchouter et nous câliner (voire plus si affinités). Bref, notre quotidien n'est pas encore bouleversé et nos diverses activités vont toujours bon train.
Mais une fois revenue avec bébé à la maison, nous voici avec un vieux chandail couvert de régurgitations voire d'auréoles dues aux montées de lait, les cheveux ébouriffés et à la propreté douteuse, les yeux entourés de cernes géantes et les jambes poilues, coincée chez nous sans presque aucun contact extérieur, accueillant à l'occasion comme on peut la famille et les amis qui veulent venir voir notre nouveau-né. On ne s'est jamais sentie ni plus fatiguée, ni moins sexy. Une maman est née, mais une femme a disparu.

Cela va prendre un certain temps avant de reprendre contact avec son corps et sa féminité (et avec la réalité!). Une sortie bienvenue nous donnera l'occasion de nous peigner et de mettre un peu de gloss. Une visite nous poussera à enfiler une jolie blouse, pour une fois. On fera garder bébé une première fois et on se pomponnera pour sortir en amoureux, même si c'est juste pour aller au cinéma un samedi après-midi.
On commencera aussi à maîtriser le rythme de bébé et à se reposer un petit peu et, si on est chanceuse, il fera vite ses nuits et notre fatigue s'estompera, nous redonnant le sourire. La confiance en soi revient petit à petit et, avec elle, l'envie de se redécouvrir : maman oui, mais aussi et toujours conjointe, amie, collègue, fille, sœur... Le rôle de mère est nouveau et écrasant au début, mais chaque autre rôle doit progressivement reprendre sa place.
Notre conjoint veut retrouver la femme qu'il a aimée avant qu'elle ne soit la mère de son enfant, et aucun des deux ne doit réduire son statut à celui de parent : il y a un temps pour tout, et nos tâches de parents devraient simplement s'ajouter à notre emploi du temps de couple, pas le détruire. Plus facile à dire qu'à faire...
Nos tâches professionnelles, sociales et familiales vont également se rappeler à nous : reprendre le travail et passer une journée maquillée et bien coiffée (et en talons pourquoi pas?), sans cris de bébé en fond sonore, et c'est tout un pan de nous qui réapparaît également! Laisser bébé avec son papa, accepter une sortie de filles et placoter en buvant des margaritas, voilà encore une autre facette que l'on croyait disparue qui se rappelle à nous !
Une femme devenue mère reste une femme, il faut juste qu'elle s'en souvienne...


Marlène Weil-Masson

4 juin 2011

Numéro 2 - Devenir Maman : oui, mais de son enfant

On fait souvent la distinction entre les femmes qui ont ou simplement veulent des enfants, et celles qui n’en veulent pas (souvent reléguées à un «rang» inférieur de la condition féminine d’ailleurs - mais ceci est un autre problème). Et on imagine généralement que celles appartenant à la première catégorie adorent les enfants, tous les enfants. La gente masculine en particulier, semble persuadée que la moindre fille est folle des bébés et va vouloir en faire un dès le deuxième rendez-vous.
Pourtant, bon nombre de femmes se trouve dans un entre-deux dont on ne parle curieusement jamais, et qui n’a absolument rien de honteux : on peut très bien vouloir un enfant sans s’intéresser aux enfants en général, ni s’extasier sur les photos d’Anne Geddes. Et avoir son propre enfant ne permet même pas de mieux supporter les bruits des enfants des autres ! Au mieux sera-t-on peut-être un poil plus compatissant... ou au contraire carrément plus critique envers ces parents manifestement incapables !
 
Beaucoup de femmes jouent ainsi la carte du politiquement correct et font mine de tomber en pâmoison devant les photos du rejeton de leur collègue par exemple, à grands renforts d’expressions toutes faites précédées des «oooh» obligatoires. Tout en pensant au mieux qu’elles s’en fichent complètement, au pire, qu’elles n’ont jamais vu un bébé aussi laid (voici un autre tabou qui mériterait de disparaître : non, tous les bébés ne sont pas beaux!).
C’est le même topo en face-à-face : si l’on se retrouve à côté d’une maman et son bébé lors d’un voyage en avion ou dans une salle d’attente, on se sent obligé de faire des «gazou-gazou» au bébé et de poser les questions habituelles à sa mère (quel âge, quel est son nom, etc.) mais avouons-le, nous sommes autant, voire plus embarrassés, face à un enfant inconnu que face à un adulte inconnu - au moins à l’adulte, on peut toujours lui parler de la pluie et du beau temps !
 
Évidemment, quand c’est à notre tour de tenir la chair de notre chair dans nos bras, ce petit bout de chou est le plus beau et le plus merveilleux du monde, et on s’empresse d’inonder Facebook de photos dès que ses cheveux ont poussé d’un millimètre. Mais admettons-le, il est inutile de croire - et de faire croire - que notre fibre maternelle s’étend aux enfants qui ne sont pas les nôtres!

Marlène Weil-Masson

Numéro 2 - Princesse, super-héros ou… enfant, tout simplement !

"Maman, regarde, c’est rose !", "Moi, j’aime le rose, moi suis Blanche Neige !".
Combien de fois ai-je entendu ma fille de deux ans et demi prononcer ces mots…
Rose pour les filles, bleu pour les garçons. Dès la naissance, ces clichés s’imposent et, qu’on le veuille ou non, ils perdurent, passent d’une génération à l’autre et mènent la vie dure aux parents. On a beau annoncer fièrement à qui veut l’entendre : « Ma fille ne portera pas de rose, ça c’est sûr! », on finit toujours par y arriver et du jour au lendemain, on se retrouve avec 3 chandails roses et au moins une petite robe rose dans la garde-robe de notre enfant.
Certes, le plus souvent, il s’agit de cadeau de personnes bien intentionnées, mais l’enfant lui-même se met à avoir des exigences ou plutôt des préférences. À ce stade, on est tiraillé entre laisser faire en se disant que notre petit bout s’affirme et qu’il est important de le laisser faire ses propres choix (limités tout de même) et le fait de mettre des limites, de dire non, au risque de créer des frustrations.

Cependant, essayez d’expliquer à la mère sportive, férue de bleu et autres couleurs pas si féminines que je suis, pourquoi ma propre fille adore le rose et admire Blanche Neige (remarquez, je suis chanceuse, ça aurait pu être Cendrillon ou Dora!).
La société ? Les autres? La publicité? Et oui, le monde dans lequel nous vivons est rempli de messages – subliminaux ou pas – destinés aux tout-petits.

Ahh, la pub!

Dès le plus jeune âge, nos enfants sont la cible des publicitaires et victimes de tout ce qui se passe autour d’eux. À nous parents de faire attention, de leur expliquer comme on le peut, la différence entre rêve et réalité, entre femmes actives et princesses, hommes du quotidien et princes (ou crapauds!)…
Il est facile cependant de blâmer uniquement les autres. Certes, il est difficile de lutter contre le marketing ambiant et agressif qui nous entoure. Ainsi, à chaque sortie de film, Disney, par exemple, fait preuve de beaucoup d’imagination et d’inventivité pour vendre les produits à l’effigie de sa nouvelle héroïne.
Et à l’heure actuelle, c’est un véritable festival entre t-shirts, ustensiles, sacs et autres figurines – en chocolat pour Pâques par exemple. Si on veut éviter de tomber sur l’un des héros de nos enfants, mieux vaut rester cloîtré chez soi!

Ce phénomène n’est pas réservé aux filles, bien au contraire. Les petits garçons, eux, veulent plutôt devenir des super héros, des Spiderman, Batman ou que sais-je encore. Et là aussi, les clichés vont bon train. Le garçon devient fort, acquiert des pouvoirs surhumains pour protéger les pauvres gens et… les femmes. Cette image quelque peu sexiste a toujours existé et existera toujours, féminisme ou pas.

Encore une fois, c’est à nous, parents, d’inculquer – ou d’essayer de le faire – les bonnes valeurs à nos enfants, de leur montrer que les princesses existent dans les contes de fées, que la vie de tous les jours aussi peut leur apporter du bonheur et du rêve. À nous également de les laisser rêver car se prendre pour une princesse ou un super héros, c’est aussi bien agréable de temps en temps!

Certains personnages féminins vus dans des films ou à la télévision sont plus positifs que d’autres. C’est le cas notamment d’héroïnes des Studios Ghibli : Kiki dans Kiki’s Delivery Service (1998) ou de Mei et Satsuki dans Mon voisin Totoro (1988).

5 trucs pour sensibiliser votre enfant au marketing et à la pub

Voici quelques pistes et solutions pour mieux répondre aux envies de nos enfants et leur apprendre à faire la différence entre rêve et réalité, publicité et vraie vie :

- Expliquez-lui (avec des mots simples) que la publicité a pour but de faire acheter des choses

- Faites-lui prendre conscience du besoin, ou non, qu’il a face à l’objet de son désir (souvent quelques secondes après avoir vu une affiche)

- Communiquez avec votre enfant sur ce qu’il a compris après (et pendant) qu’il regarde une émission ou un dessin animé

- Avec un objet pas trop dispendieux, proposez à l’enfant de l’essayer et de comparer ce qu’il en pense et ce qui était dit dans la publicité

- Participez à la Journée sans achat qui a lieu chaque année le dernier vendredi de novembre pour souligner notre tendance à acheter des choses dont nous n’avons pas vraiment besoin.

Céline Richert

  • Entre 2 et 11 ans, les enfants québécois qui regardent régulièrement la télévision sont exposés à environ 40 000 messages publicitaires - non adaptés à leur âge - chaque année.

  • Au Québec, 40% des enfants soupent devant la télé (Source : Institut de la Statistique du Québec, 2004)

  • Au Québec, la publicité imprimée, radio et télédiffusée destinée aux enfants de moins de 13 ans est interdite.

3 mars 2011

Numéro 1 - Le TDAH, qu’est-ce que c’est ?

Je suis une maman et comme moi, il est clair que vous passez votre temps à vous inquiéter pour votre enfant.

Sera-t-il heureux dans la vie, est-ce que je lui donne assez à manger, dort-il suffisamment, pourquoi cette fièvre ne veut-elle pas tomber, et sera-t-il bon à l’école? Mais qu’en est-il de toutes ces questions lorsque surgit un vrai problème?

J’ai jonglé longtemps avec deux choix qui s’offraient à moi, de vous parler du TDAH de façon détachée et scientifique ou bien de façon personnelle et j’ai choisi la deuxième.

Mon fils âgé de 10 ans aujourd’hui, était à l’époque de la petite enfance, un petit garçon joyeux et plein d’entrain. Un petit garçon comme tous les autres, qui bougeait beaucoup, qui aimait par-dessus tout les petites voitures et les gros camions, qui défiait l’autorité comme personne, qui brisait absolument tout et qui avait la fâcheuse tendance à faire des choses étranges comme de laver le plancher avec du beurre, de vider la bouteille toute neuve de shampoing dans les toilettes ou bien de mettre tout ce qu’il trouvait dans le vidéo-cassette.
Des choses que tous les enfants font, enfin je le pensais. À la pré-maternelle, les problèmes ont commencé. Son professeur m’appelait sans arrêt pour se plaindre de lui. Il parlait sans cesse, même après plusieurs avertissements, il ne restait jamais en place, ne respectait aucune limite, ne tirait aucune leçon de ses apprentissages, il oubliait ou perdait ses choses et avait beaucoup de difficultés à se concentrer.
Après plusieurs appels, j’ai donc décidé d’en parler à mon pédiatre qui m’envoya consulter une équipe de pédopsychiatrie. Après un an de suivi par plusieurs spécialistes, on m’a annoncé que mon fils avait un TDAH (un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité). J’ai donc dû prendre la décision de le médicamenter ou non. La décision a été dure à prendre, mais la relation avec mon fils était très détériorée. J’étais épuisée et sans aide. Après 6 mois d’hésitation, j’ai finalement pris la décision d’essayer, pour voir ce que ça donnerait. Bien sûr, ce ne fut pas miraculeux, mais il était moins agité, plus concentré et il faisait des progrès à l’école.

Je me suis rendu compte qu’il m’était vraiment difficile de comprendre mon fils, de me mettre à sa place, mais surtout, j’ai réalisé à quel point je me sentais coupable. Les quelques lectures que j’ai faites sur le sujet m’ont apporté quelques réponses : les causes du TDAH, selon les avancées des recherches sur le sujet, peuvent être d’ordre neurobiologique, génétique, alimentaire ou environnemental.

Mais comment mieux comprendre le problème qui se déroule en silence dans le cerveau de l’enfant qui présente un TDAH. On sait que certaines informations ne passent pas d’un hémisphère à l’autre du cerveau, ce qui fait que le cerveau ne traite pas les données.

Le lien qui permet aux deux hémisphères de communiquer, c’est la dopamine, or le TDAH est caractérisé par un déficit en dopamine, un neurotransmetteur.
Imaginez deux personnes, une de chaque côté d’une rivière, sans pont pour traverser. L’une des deux doit donner un message à l’autre mais comment peut-elle le faire si elle ne peut pas traverser?

Les médicaments servent alors de transport à la dopamine et les informations peuvent ainsi se rendre d’un hémisphère à l’autre.

Le TDAH est un combat de tous les jours pour l’enfant et le parent. Il faut à l’enfant du soutien, de ses parents, de l’école et des spécialistes. Un encadrement rigoureux et sans relâche est aussi très souvent nécessaire.

Pour mon fils, les échecs ont été nombreux, il a dû faire face à deux redoublements, un changement d’école, plusieurs autres évaluations et de nombreux suivis en ergothérapie et art-thérapie. Son estime de lui a chuté considérablement et il doit lutter tous les jours avec l’envie de tout laisser tomber et de ne pas faire les travaux demandés en classe et à la maison.

Malgré toutes les épreuves et défis parfois difficiles à relever, le plus important reste assez simple et très souvent sous-estimé : soyez à l’écoute de votre enfant, soyez vigilant, armez vous de patience et de compréhension, mais surtout, aimez-le de toutes vos forces!

Myriam Landry

  • Au Québec, 3 à 5% des enfants ont un TDAH.
    65% d’entre eux sont médicamentés.

Numéro 1 - Devenir Maman : savoir écouter... et s’écouter

Dans la vie de tous les jours, nos proches ne sont en général pas avares de conseils ni d’avis qu’on ne leur a pas demandés. Et dès qu’on tombe enceinte, c’est pire. Famille et amis, même la caissière à l’épicerie, tout le monde y va de sa remarque, de son expérience, positive ou négative. De quoi nous embuer encore plus les idées, déjà mises à rude épreuve par nos hormones.

Généralement, une future maman va se procurer quelques livres et magazines sur la grossesse ainsi que sur la santé, le développement, l’alimentation et l’éducation des enfants, et se retrouver vite noyée sous une foule d’informations, parfois contradictoires. Rajoutez à ça les propos du médecin ou de la sage-femme qui fait son suivi, ceux du CLSC ou encore d’organismes spécialisés divers et, donc, ceux de l’entourage et même des inconnus. Comment démêler le «vrai» du «faux»?

Posons comme postulat de départ qu’il n’y pas lieu de penser en termes «vrai/faux» ni «bien/mal» - en admettant bien sûr que les besoins essentiels du bébé sont comblés. Chaque (future) maman va vivre une expérience unique, qui non seulement lui est propre, mais est aussi propre à son bébé. À chaque grossesse, à chaque enfant, son vécu. Ainsi, par exemple, les rituels de dodo de l’aîné ne vont pas forcément fonctionner pour le cadet; un bébé peut très bien être un gourmand mais son petit frère se contenter de peu; etc.

C’est donc à un vrai travail de digestion d’informations auquel il faut se livrer, à travers le prisme de notre ressenti et de nos convictions. Plutôt que d’appliquer à la lettre ce que telle «bible» du moment va proclamer ou ce qui est censé être une solution miracle transmise de mère en fille, il faut se demander si cela nous convient, et si cela convient à notre bébé.
Notre environnement nous abreuve de règles et nous demande de faire des choix constants : allaitement, biberon ou les deux? Couches lavables ou jetables? Épidurale ou non? Repas à la demande ou à heures fixes? Premiers aliments solides introduits? Et à quel âge? Le co-dodo, oui ou non?

La liste est infinie, d’autant plus que chaque époque dicte la nouvelle marche à suivre (on couchait les nouveaux-nés sur le ventre il n’y a pas si longtemps), sans compter que chaque culture a ses propres habitudes... et pressions : par exemple, tandis qu’en ce moment le Québec est complètement pro-allaitement, portage et couches lavables, en France tout cela reste rare : le biberon est roi et les couches lavables quasiment inconnues. De même, les Françaises sont bien en peine de sortir avec leurs bébés, les tables à langer étant plus ou moins inexistantes dans les lieux publics et restaurants, de même évidemment que les salles d’allaitement.
Chaque pays a de toute façon sa propre politique familiale, qui joue un grand rôle dans la façon dont on vit la maternité et les premiers mois de bébé.

Alors même si le monde extérieur regorge d’informations très utiles et que les déjà mamans auront toujours de précieux conseils, n’hésitez pas à prendre toute l’aide dont vous avez besoin mais aussi à en laisser de côté : n’oubliez pas que vous savez ce qui est le mieux pour vous et votre bébé.



Marlène Weil-Masson